mardi 24 juillet 2012

Emma Johnson, récital de clarinette

Three Choirs Festival 2012 – Shirehall, Hereford, UK

Mendelssohn, Schumann, Ireland, Poulenc, Stravinsky, Bliss, Horovitz, Gerschwin


Emma Johnson, clarinette
John Lenehan, piano

Il est 11h du matin, la jolie salle aux tons bleu pale du Shirehall de Hereford est baignée de lumière, Emma Johnson entre en scène, souriante et énergique, clarinette en main, bottes noires à la Robin des bois et robe façon écailles de poisson.

Avec son complice John Lenehan au piano, elle nous enchante dans un programme varié et international : à la sonate que Mendelssohn écrivit à l’âge de 15 ans succèdent les romantiques Fantasiestücke de Schumann. La musique anglaise est représentée par John Ireland et Arthur Bliss : le premier, qui considérait la clarinette comme son instrument à vent préféré, a composé entre 1939 et 1943 une sonate lyrique et vive, devenue classique du répertoire anglais ; le second était soldat en France en 1916 lorsqu’il composa sa Pastorale, évoquant une douce campagne anglaise loin des horreurs de la guerre.

Pour la sonate de Poulenc Emma Johnson a choisi de changer sa tenue pour une tunique aux couleurs vives, nous expliquant ainsi illustrer les psychadéliques années 60.

Car Emma Johnson parle ! Avec humour, elle nous présente les oeuvres et leur contexte musical ou historique, établissant dès les premiers mots et premières notes un lien de proximité avec un public conquis – à vrai dire conquis d’avance, ah, on l’aime Emma en Angleterre depuis ses débuts en 1984 lorsqu’elle gagna adolescente le concours de la BBC du jeune musicien de l’année.

Le programme se poursuit avec de courtes oeuvres de Stravinsky, dont une première pièce donnant la parole au registre bas de la clarinette, et d’Horowitz, pour se terminer par un rappel réjouissant : Walking the dog de Gerschwin.

La clarinettiste et le pianiste ont l’habitude de jouer ensemble et visiblement plaisir à cela, ils ont d’ailleurs enregistré plusieurs disques , dont récemment la Suite for Emma (!) composée par John Dankworth pour l’artiste.

Regrettons simplement que ces talents ne traversent pas plus souvent la Manche.

Emma Johnson en tunique psychadélique, au Shirehall de Hereford

lundi 23 juillet 2012

A Sea Symphony, Philharmonia Orchestra

Three Choirs Festival 2012 – Hereford Cathedral, UK

Ouverture Calm sea and prosperous voyage – Felix Mendelssohn

Rivers to the Sea – Joseph Phibbs

A Sea Symphony – Ralph Vaughan Williams


Philharmonia Orchestra
Festival Chorus
Adrian Partington, direction
Ailish Tynan, soprano
Owen Gilhooly, baryton

J’ai entendu pour la première fois la Sea Symphony presque par hasard en 2008, dans la Cathédrale de Worcester. Son interprétation avait été précédée de la remise par la Ralph Vaughan Williams Society d’un Lifetime Achievement Award à Sir David Willcocks. Le chef d’orchestre, remerciant l’association pour l’honneur qui lui était fait, en vint vite à parler de l’oeuvre que nous allions écouter et qu’il avait souvent dirigée. Imaginant qu’il y avait dans le public des gens qui allaient entendre pour la première fois les notes d’ouverture de la symphonie, il nous déclara envier leur chance. Ce petit homme de près de 90 ans dont les yeux brillaient en nous disant ces mots restera attaché dans ma mémoire à la Sea Symphony. Je faisais partie des néophytes de cette soirée et fus conquis par l’oeuvre.

Quatre années plus tard, le bonheur fut renouvelé à Hereford. La soirée était sous le thème de la mer, avec en première partie l’ouverture de Mendelssohn Mer calme et heureux voyage, suivie d’une oeuvre contemporaine de Joseph Phibbs, enveloppante et apaisante, nous préparant en seconde partie à la fameuse Symphonie « Maritime ».
Les premières notes sonnèrent fulgurantes, rejointes par le choeur en tension, puis s’enchainèrent orages et accalmies portés par le Philharmonia Orchestra et Adrian Partington. On imagine volontiers les deux solistes irlandais avoir grandi au bord de rivages battus par les mers… Ailish Tynan explosive et Owen Gilhooly solitaire, tout deux gardant une parfaite maitrise de leur voix pendant la tempête…

Vous l’aurez compris, cette musique inspire de multiples images et divagations, et il ne faudrait pas en oublier le texte de Walt Whitman qu’elle porte majestueusement.
A surveiller donc les prochaines et trop rares représentations de la Sea Symphony.