jeudi 4 octobre 2012

Anja Harteros, Tomas Netopil, Orchestre de Paris

Salle Pleyel, Paris

Taras Bulba – Leos Janacek

Vier letzte Lieder – Richard Strauss

Symphonie n°9 « du Nouveau Monde » – Antonin Dvorak


Orchestre de Paris
Tomas Netopil, direction
Anja Harteros, soprano

http://www.sallepleyel.fr/francais/concert/12367-orchestre-de-paris-tomas-netopil-anja-harteros

Anja Harteros fait partie des plus grandes, le concert de l’Orchestre de Paris durant lequel elle interpréta les Quatre derniers Lieder de Strauss l’a démontré à nouveau. Le public parisien avait eu l’occasion de s’enthousiasmer pour sa voix et son jeu dans une version de concert de La Bohême, au Théâtre des Champs Élysées en 2011, il la découvrit mercredi dans ces Lieder de Strauss à la fois si beaux et si difficiles à porter en concert.

Les Quatre derniers Lieder sont souvent considérés comme le testament musical de Strauss, il les composa en 1948 à l’âge de 84 ans, on y trouve les notes chaudes et la douceur fleurie d’un Capriccio, mais aussi une gravité nouvelle. S’agit il de l’approche de la mort, ou d’une tardive prise de conscience des années noires que vient de traverser le monde ? Quoiqu’il en soit, c’est un cycle musical beau et fort.

Anja Harteros est vêtue d’une longue robe noire qui lui couvre bras et épaules, un peu austère, elle est immobile et semble avoir totalement intériorisé la musique de Strauss et les textes de Hesse et Eichendorff. Sans livret, elle chante comme dans une transe – parfaitement maitrisée ! Chez la soprano allemande, puissance et technique semblent une évidence, laissant la place à une interprétation à la fois électrique et toute en nuances, reflet des multiples couleurs de ces Lieder. On pense à la tragédie grecque, on pense à Elisabeth Schwarzkopf, et on ne pense plus à rien gagné par l’émotion.

Mais que cette chanteuse d’exception ne nous fasse pas oublier le reste du concert, avec un Orchestre de Paris à son meilleur, dirigé par Tomas Netopil, d’une grande clarté et homogénéité. Dans la Symphonie du Nouveau Monde, les cordes sont tantôt sombres, tantôt sonores, et les bois se répondent avec bonheur dans le 2e mouvement. Quant au Taras Bulba, rarement joué, on y retrouve les sonorités de Janacek, une musique qui parle directement au coeur.
Enregistrer un commentaire