dimanche 14 avril 2013

Martha Argerich, Claudio Abbado, Mahler Chamber Orchestra

Salle Pleyel, Paris

Concerto pour piano n°1 - Ludwig van Beethoven

Symphonie n°3 "écossaise" - Felix Mendelssohn


Mahler Chamber Orchestra
Claudio Abbado, direction
Martha Argerich, piano

http://www.sallepleyel.fr/francais/evenement.aspx?id=12972

Exceptionnel hallucinant phénoménal.

Martha est rayonnante, Abbado irradiant, en quelques secondes ils font du concerto n°1 de Beethoven le plus grand chef d'œuvre de l'histoire de la musique. Suivra la superbe symphonie écossaise de Mendelssohn.

Il n'y a rien de plus à dire, ou plutôt si, un grand merci à mes amis qui m'ont offert ce concert, probablement le meilleur du siècle !


mercredi 3 avril 2013

Le Retour d’Ulysse en sa Patrie

Théâtre Gérard Philippe, Saint-Denis

Le retour d’Ulysse en sa patrie – Claudio Monteverdi


Les Paladins
Jérôme Correas, direction et clavecin
Christophe Rauck, mise en scène
PROLOGUE
Jean-François Lombard, la Fragilité humaine
Virgile Ancely, le Temps
Françoise Masset, la Fortune
Hadhoum Tunc, l’Amour
DIEUX
Carl Ghazarossian, Jupiter
Virgile Ancely, Neptune
Dorothée Lorthiois, Minverve
Hadhoum Tunc, Junon
MORTELS
Jérôme Billy, Ulysse
Blandine Folio Peres, Pénélope
Anouschka Lara, Télémaque
Dagmar Saskova, Mélantho
Françoise Masset, Eumée
Jean-François Lombard, Euryclée
Jean-François Lombard, Pisandre
Carl Ghazarossian, Eurymaque
Virgile Ancely, Antinous
Matthieu Chapuis, Irus

http://www.theatregerardphilipe.com/tgp-cdn/spectacles/le-retour-dulysse

Et hop à Saint-Denis !
5 à 10 mn de RER, autant de marche le long des rails du tramway à moins qu’on ne préfère emprunter ce dernier pour 2 stations, et voici le Théâtre Gérard Philippe – TGP – de Saint-Denis. Rénové – transformé – réaménagé cette année, le lieu est très accueillant ; l’aspect pas tout à fait fini des travaux – voulu ou temporaire ?! – contribue à une impression d’unité, de continuité entre salle, scène, coulisses et espaces publics.

Ce soir là on donnait Le retour d’Ulysse en sa patrie de Claudio Monteverdi, compositeur italien souvent considéré comme l’inventeur de l’opéra. Cette oeuvre en est une parfaite illustration, ne cherchant pas à répondre à la question qui fera 3 siècles plus tard l’objet d’un opéra entier de Strauss, à savoir ce qui viendrait en premier, les paroles ou la musique. Le retour d’Ulysse allie en effet une musique à la fois austère et ornée, au service des voix, et un texte riche, d’une grande force dramatique. Il faut dire que l’histoire ne nous est pas tout à fait inconnue, puisqu’il s’agit des derniers épisodes de l’Odyssée, quand Ulysse rejoint enfin Ithaque après un périple mouvementé.

En écrivant ces lignes me vient l’envie de rapprocher l’oeuvre de Monteverdi et celle de Philip Glass, de rapprocher Le retour d’Ulysse et Les enfants terribles. Que les musicologues me pardonnent…

J’étais curieux de cette représentation, qu’allait donner cette oeuvre de tradition hors des murs habituels des salles d’opéra ? La réponse est simple : une réussite totale, des chanteurs excellents, accompagnés d’un orchestre présent et précis, tous au service d’une mise en scène intelligente, très théâtrale, mixant tragédie et comédie.
J’ai été réellement impressionné par la qualité des voix, et c’est probablement un des avantages d’une salle à taille humaine que de permettre aux chanteurs de donner leur meilleur, justesse, articulation et rondeur, sans avoir à forcer leur voix pour remplir l’espace. Pénélope, Ulysse, et leur clique de dieux et accompagnants sont tous remarquables.
Un spectacle également pour les yeux, avec de très beaux tableaux, de plus toujours porteurs de sens.

Et pour être plus concret, voici pêle-mêle et en toute subjectivité quelques moments de bonheur :
- une scène de tempête d’une vérité folle avec seulement 3 marins, 2 cordages et une toile, Monsieur Rauck, montez nous vite un Vaisseau fantôme,
- Eumée s’adressant à Télémaque dans le 2e acte « Oh gran figlio d’Ulisse », voix de l’âme,
- Le superbe trône debout de Pénélope, formant une peinture classique avec son cadre rayonnnant derrière la tête et ses roses aux pieds,
- Les majestueux Dieux dorés, tout droit sortis du Rhin,
- La salle des statues-bougies et costumes,
- Le rouge sang rouge théâtre du massacre des prétendants,
- La Lune en ballon portant nacelle,
- Irus tombant de sa brouette,
- Euryclée s’exclamant sur un ton d’un humour extraordinaire « Ora di parlare e tempo ».

Un mot du public, très varié, à la fois parisien et local, chacun semblant trouver son bonheur dans ce spectacle. J’ai été particulièrement sensible à la présence de groupes (classes ?) d’adolescents qui ont maintenu leur attention 4h sans fléchir ou presque, et dont certains garderont surement en mémoire cette soirée.

Un petit bémol côté logistique : la navette mise à disposition par le TGP s’est révélée victime de son succès et très vite complète, ce qui fait que nous fumes nombreux à regagner la gare du RER à minuit pour un retour tardif sur Paris.

Mon petit doigt me dit que cette production va se translater à Nice fin Mai, début Juin, séance de rattrapage possible pour ceux qui l’ont manquée, et l’occasion de visiter le MAMAC, Monaco, la villa Ephrussi de Rotschild et Menton – toujours en toute subjectivité !