dimanche 28 juillet 2013

Les Planètes, Philharmonia Orchestra

Three Choirs Festival 2013 - Gloucester Cathedral, UK

Ouverture "Portsmouth Point" - Walton

Concerto pour violoncelle - Elgar

Komarov's Fall - Dean

The Planets - Holst


Gloucester Cathedral Youth Choir
Philharmonia Orchestra
Adrian Partington, direction
Philip Higham, violoncelle

Gustav Holst est un compositeur anglais originaire de Cheltenham, près de Gloucester. Un musée lui est consacré dans sa maison natale, et il paraissait bien naturel de se mettre en contexte par une petite visite du lieu. On apprend dans cette petite maison tenue par des dames charmantes que Holst n'a vraiment atteint la célébrité qu'avec le succès de ses Planètes, dans les années 20, qu'il jouait du trombone, qu'il était ami avec Ralph Vaughan Williams, et qu'il est mort la même année qu'Elgar. On y trouve bien sûr également des photos et des lettres du compositeur et de sa famille. Avant de quitter Cheltenham, nous admirons sur la grande place de la ville la touchante statue de Holst en train de diriger ses Planètes.

Le soir, c'est avec ces images en tête que j'écoute les Planètes dirigées par Adrian Partington. En concert, cette musique prend toute sa dimension, parfois plus difficile à percevoir lorsqu'on l'écoute chez soi à volume modéré. Dans la belle cathédrale de Gloucester, on peut parfaitement profiter de chaque mouvement (planète) mis en valeur par une direction limpide. Mars est imposant, majestueux, et belliqueux, je ne peux m'empêcher de penser à la marche conquérante des tripodes de la Guerre des Mondes de HG Wells, Venus est naturellement plus douce mais moins immédiatement cernable, Mercure aux pieds ailés volète de note en note, les coeurs lointains qui accompagnent Uranus ne sont effectivement pas sur scène, je les imagine dans l'extraordinaire cloitre de la cathédrale... Ce fut en somme un vrai plaisir d'entendre cette oeuvre que je ne connaissais que par le CD.

Dans cette humeur holstienne, je ne voudrais pas oublier le reste du programme qui comprenait en particulier le concerto pour violoncelle d'Elgar, oeuvre probablement la plus célèbre du compositeur. Il est interprété par un jeune violoncelliste anglais, Philippe Higham, son jeu est à la fois tendu et doux, très précis, et transmet beaucoup d'émotion. C'est avec toujours un peu d'hésitation que je vais écouter ce concerto car comme beaucoup j'ai en tête les enregistrements de Jacqueline Du Pré, ce qui me rend naturellement exigeant ! Mais ce soir là je ne suis pas déçu et me laisse entrainer dans le tourbillon des notes.

Et puis, petit plaisir supplémentaire, nous retrouvons le soliste au petit déjeuner de l'Hôtel de la Gare le lendemain matin, où d'ailleurs la moitié de la salle va gentiment le féliciter entre oeuf et bacon.

Deux autres courts morceaux au programme : l'ouverture tumultueuse Portsmouth Point de Walton et l'émouvante composition de Brett Dean en hommage au premier homme mort dans l'espace, le cosmonaute russe Komarov, en 1967.

samedi 27 juillet 2013

Vladimir Ashkenazy, Philharmonia Orchestra

Three Choirs Festival 2013 - Gloucester Cathedral, UK

In the South - Elgar

Luonnotar - Sibelius

The Bells - Rachmaninov


Festival Chorus, Philharmonia Orchestra, Vladimir Ashkenazy
Helena Juntunen, soprano
Paul Nikon, ténor
Nathan Berg, baryton

J'ai pris l'habitude de me moquer gentiment de Luonnotar en disant que c'est l'histoire d'un canard depuis que j'ai lu un texte d'accompagnement lors d'un concert Salle Pleyel qui expliquait que l'oeuvre atteint le sommet de son intensité dramatique lorsqu'un coup de vent menace de détruire la cabane du volatile. En fait, on y parle d'une jeune fille, Luonnotar, d'un cygne et de la création du monde, le tout issu d'un texte fondateur nordique.
Mais c'est affectueusement que je me permets ces moqueries car je suis un grand amateur de Sibelius et je trouve cette oeuvre rude très belle. La jeune soprano finlandaise qui l'interprête est parfaite : voix posée et forte, réussissant à être à la fois sombre et claire pour épouser ce mélange de gravité et légèreté propre à Luonnotar, costume mi sainte vierge mi canard (pardon ça me reprend !). En tous cas pour moi un grand moment du festival.

Avant il y a eu une jolie promenade d'Elgar, In the South, et après ce seront les Cloches de Rachmaninov, deux oeuvres que je découvre. La première est un long morceau en 4 mouvements, dont Elgar puisa l'inspiration dans un voyage en Italie, et qui nous plonge dans un mélange de couleurs anglaises et méditerranéennes très agréable. La seconde est une oeuvre pour orchestre, choeur et solistes, certes intéressante - les chanteurs et l'orchestre sont excellents - mais qui ne me transporte pas - toutes les rencontres ne sont pas des coups de foudre, peut-être la prochaine fois ?

C'est à nouveau le Philharmonia Orchestra qui est sur scène ce soir là, dirigé par Vladimir Ashkenazy, chef que j'affectionne particulièrement depuis qu'il m'a fait découvrir le Rêve de Gérontius à la Philharmonie de Berlin.