lundi 12 août 2013

Pepe Romero - Quatuor Casals

Festival de musique de Menton 2013 - Parvis Saint-Michel, Menton

Oración del torero op.34 (Prière du torero) - Turina

Asturias (Leyenda), extrait de la Suite espagnole op.47 - Albéniz

Sevillana (Fantasia) op.29 - Turina

Quatuor à cordes n°5 en sol mineur op.32 (G.205) - Boccherini

Suite Andaluza : “Soleares”, “Alegrías”, “Tango”, “Zapateado”, “Fantasía” - Romero (Celedonio)

Quintette n°4 pour guitare, deux violons, alto & violoncelle en Ré Majeur (G.448) - Boccherini


Pepe Romero, guitare
Quatuor à cordes Casals
 Vera Martinez Mehner, violon
 Abel Tomas, violon
 Jonathan Brown, alto
 Arnau Tomas, violoncelle

Je connais très peu la guitare classique et n'avais jamais entendu parler de Pepe Romero, honte à moi sans doute. Mais j'avais décidé d'assister à ce concert, par curiosité, pour la magie du cadre, et en raison d'une confiance - jusqu'à présent vérifiée - dans la qualité de la programmation de ce 64e festival. Le quatuor Cassals complétait le programme, jouant d'abord en alternance avec le guitariste, puis ensemble pour le dernier morceau.

Le programme était joliment composé, nous donnant un ravissant concert d'une extrême douceur, et ces cordes que l'on ne mélange pas si souvent "s'accordaient" parfaitement ce soir là, avec ou sans archer, créant sur le parvis Saint-Michel une atmosphère apaisante et y installant quelques sourires béats. On imagine parfois qu'en plein air il faut du volume, des formations importantes, des oeuvres toniques, bien sur ça fonctionne aussi, mais la force de quelques notes posées dans le presque silence de la nuit est incomparable. Un moment fort fut l'interprétation par Pepe Romero d'une pièce composée par son père.

Et puis ce fut le dernier morceau, le quintette de Boccherini, qui nous fit passer en quelques minutes de cette intériorité méditative à une explosion de couleurs quand les castagnettes rejoignirent les cordes.

Petit plus de cette soirée, la visite très appréciée du public du Prince Albert de Monaco, venu assister au concert en voisin. Souriant et vif, il semblait à l'aise dans ce cadre qui lui est familier.

Edgar Moreau, Pierre-Yves Hodique

Festival de musique de Menton 2013 - Musée Jean Cocteau collection Severin Wunderman, Menton

Sonate pour violoncelle et piano n°3 en la majeur, op. 69 - Beethoven

Fantasiestücke op.12 - Schumann

Sonate n°1 pour violoncelle et piano - Schnittke


Edgar Moreau, violoncelle
Pierre-Yves Hodique, piano

On dirait des gamins et ils jouent comme des dieux !

Ils nous offrent tout d'abord une jolie sonate de Beethoven, dont je pense cependant que leur interprétation gagnera en profondeur avec les années. C'est dans le deuxième morceau, les Fantasiestücke de Schumann, que je suis totalement séduit : quelle fougue, quel déchainement, quelle vie, une vraie merveille. Et c'est enfin avec beaucoup d'adresse qu'ils nous font aimer Schnittke, pourtant plus difficile d'accès.

Le son d'Edgar Moreau est ample et coulé, il y a décidément bien des façons de manier le violoncelle (pour mémoire cet été mes notes sur Gomziakov et Higham).

vendredi 9 août 2013

Katia et Marielle Labèque

Festival de musique de Menton 2013 - Parvis Saint-Michel, Menton

Trois préludes pour 2 pianos - Gershwin

4 mouvements pour 2 pianos - Glass

Boléro, version originale de l'arrangement Ravel pour piano à 4 mains - Ravel


Katia et Marielle Labèque, pianos
Trio Kalakan, chant et percussions basques

Je dois avouer que je connaissais peu les soeurs Labèque et étais curieux d'assister à un concert de ce célébrissime duo. Elles sont étonnantes, donnant l'impression d'être à la fois un peu sauvages et très professionnelles. De leur complicité fusionnelle ressort une grande énergie et une légère aura de mystère.

Si Gerschwin me laisse froid, la musique répétitive de Philip Glass me séduit. Tantôt martelés, tantôt effleurés, les deux pianos nous envoutent dans quatre mouvements cycliques à l'énergie lancinante, on voudrait que ça ne s'arrête pas, ce sera pour moi le moment fort du concert.

Après l'entracte, les deux soeurs laissent la place à leurs amis du trio Kalakan, qui interprètent quelques airs basques, s'accompagnant d'instruments traditionnels. Hum, je ne suis pas conquis d'avance par cette incursion mais je dois reconnaitre qu'ils sont adroits ! Retour de Katia et Marielle Labèque sur le parvis de la Basilique, et les cinq artistes nous jouent une transcription du Boléro de Ravel pour deux pianos et percussions basques, de quoi décaper ce morceau aujourd'hui presque trop connu.

A la fois zest et pépin de la soirée : l'arrivée de Madonna à l'entracte pour assister à la deuxième partie du concert. Zest, car la présence de cette immense vedette nous transforme tous en groupies et son fauteuil I7 restera célèbre... pépin, car on nous avait annoncé un invité surprise et le public attendait un artiste qui monterait sur scène avec les soeurs Labèque, ce que ne fit pas Madonna.

Vanessa Wagner, Pavel Gomziakov

Festival de musique de Menton 2013 - Musée Cocteau collection Severin Wunderman, Menton

3 pièces pour violoncelle et piano - Fauré

Sonate "Arpeggione" en la mineur D821 - Schubert

Sonate en la majeur - Franck


Pavel Gomziakov, violoncelle
Vanessa Wagner, piano

Autre lieu du festival de Menton cette année, le tout récent Musée Jean Cocteau, collection Severin Wunderman, dans lequel un piano et des sièges ont été installés au milieu des collections. C'est un bel endroit, à l'architecture sobre et discrète qui s'intègre adroitement dans le paysage mentonnais. A l'intérieur, tous les murs sont vitrés et parfaitement isolés phoniquement, et c'est comme dans un film muet que l'on voit mer, piétons et voitures au dehors.

Situé dans un angle du musée, le piano manque un peu d'espace et j'ai besoin de quelques minutes pour m'habituer au son. Mais les artistes et la musique prennent vite le dessus et nous offrent un très beau récital.

Le violoncelle de Gonziakov est âpre et profond comme je les aime, un son que je qualifierais volontiers de russe, le piano de Wagner allie austérité et passion. Le concert atteint son sommet avec la sonate de Franck, chef d'oeuvre pour piano et violon que les violoncellistes ont bien fait de s'approprier.

mercredi 7 août 2013

Arcadi Volodos

Festival de musique de Menton 2013 - Parvis Saint-Michel, Menton

Prélude n°7 "Palmier d'étoiles" - Mompou

Prélude n°12 - Mompou

Dialogues (pièce n°1) - Mompou

Dialogues (pièce n°2) - Mompou

6 Klavierstücke op.118 - Brahms

Scènes d'enfants - Schumann

Fantaisie op.17 - Schumann


Arcadi Volodos, piano

Les quatre côtés du parvis Saint-Michel de Menton composent un cadre idyllique : Basilique Saint-Michel au Sud, façades colorées de la vieille ville au Nord, Italie et Méditerranée à l'Est, Chapelle des Pénitents Blancs à l'Ouest. Monter les marches qui y mènent et s'installer dans cet espace est déjà une préparation au concert.

Arcadi Volodos est un très grand pianiste et je suis surpris et un peu déçu que son récital n'affiche pas complet, mais bon, tant pis pour eux !

Dès les premières notes, je suis à nouveau séduit par ce son clair et enchanté, cette musique dont les notes coulent comme l'eau d'un torrent. Le programme est riche et enchanteur. Qu'importe le bruit de la mer et les cris des mouettes dans le fond, ils sont comme absorbés par la musique ; un semblant de chahut dans la rue longue ? Probablement quelques enfants qui accompagnent involontairement les Kinderszenen. Volodos dépasse le piano et nous rappelle que la muisque c'est la vie. ll donnera devant un public enthousiaste 5 rappels, ou peut-être même 6, quand on aime on ne compte pas.