dimanche 24 novembre 2013

Martha Argerich, Gidon Kremer

Salle Pleyel, Paris

Sonate pour piano et violon n°5, Myeczyslav Weinberg

Sonate pour piano et violon n°10, Ludwig van Beethoven

Sonate pour violon n°3, Myeczyslav Weinberg

Sonate pour piano et violon n°8, Ludwig van Beethoven


Martha Argerich, piano
Gidon Kremer, violon

http://www.sallepleyel.fr/francais/evenement.aspx?id=13309

Ah Martha Argerich ! J'aime, j'adore, bon je sais je ne suis pas le seul...
Et je l'ai entendue si souvent que je me demande toujours si ce sera juste magnifique ou si un miracle se produira - comme à chaque fois ! Et ce soir là le miracle c'est son passage en solo dans la sonate pour piano et violon de Weinberg, spectacle pour les oreilles et les yeux, tourbillon de notes d'automne, c'est... incroyable.

Bon, l'ensemble de la sonate est magnifique, Gidon Kremer et Martha Argerich, complices de longue date, se connaissent, s'entendent et se répondent, dans le plaisir de jouer à deux. Ils poursuivront cette entente avec la sonate n°10 de Beethoven.

Après l'entr'acte, le violoniste letton nous livre une sonate pour violon seul du même Weinberg. Très technique, un peu austère, elle n'est pas qu'exercice de style mais dégage une vraie force terrienne dans les mains de Gidon Kremer. Alors joué seul ou à deux, ce compositeur est probablement une découverte enchantée pour une bonne partie du public.

Martha et Gidon reviennent à Beethoven avec la sonate n°8 qui sera me semble-t'il plus personnelle. Alors y a-t'il effectivement quelques libertés prises ou est ce le fruit de mon imagination très active ces temps-ci (cf Pires Meneses!) ? Peu importe, le plaisir est là, et se poursuivra dans le bis, un tango endiablé de Piazzola.

lundi 18 novembre 2013

Maria-João Pires, Antonio Meneses

Salle Pleyel, Paris

Sonate pour piano et violoncelle n°2, Ludwig van Beethoven

Sonate pour piano n°17, Ludwig van Beethoven

Suite pour violoncelle seul n°1, Jean-Sébastien Bach

Sonate pour piano et violoncelle n°3, Ludwig van Beethoven


Maria-João Pires, piano
Antonio Meneses, violoncelle

http://www.sallepleyel.fr/francais/evenement.aspx?id=13305

J'aime Maria-João Pires pour sa rigueur, son jeu sans fioritures, et pourtant plein d'énergie. Et l'émotion nait de cette précision, de cette discrétion, d'une forme de perfection. Beethoven et Pires vont si bien ensemble, la sonate pour piano qu'elle nous joue seule le démontre à nouveau.

Le violoncelle d'Antonio Meneses me surprend, il est rond et mélodieux, un peu enveloppant. Pires et Meneses, c'est un peu comme du sanglier avec de la confiture, plat qui étonne d'abord, et qu'on aime ensuite. Et effectivement après quelques minutes de la sonate qu'ils jouent ensemble, j'aime !

La suite pour violoncelle de Bach sera aussi un étonnement, pour la première fois j'y entends des sonorités de Villa-Lobos. Plusieurs options :
- j'avais quoique sobre beaucoup d'imagination ce soir là,
- il y a des gênes musicaux brésiliens communs à Villa-Lobos et Meneses,
- ce n'est pas un hasard si le compositeur a écrit des Bachianas Brasileiras !

Une soirée tout simplement agréable au coeur et à l'esprit.

jeudi 7 novembre 2013

Menahem Pressler & friends

Salle Pleyel, Paris

Fantaisie pour piano à quatre mains en fa mineur D940, Franz Schubert

Quintette pour piano et cordes en la majeur, Anton Dvorák

Der Lindenbaum, Frühlingstraum, Die Krähe, Der Leiermann, extraits du Winterreise, Franz Schubert

Quintette La Truite, Franz Schubert


Menahem Pressler, piano
Wu Han, piano
Christoph Prégardien, ténor
Quatuor Ébène
Benjamin Berlioz, contrebasse

http://www.sallepleyel.fr/francais/evenement.aspx?id=13295

Menahem Pressler s'apprête à fêter ses 90 ans, et il nous donne ce soir là, avec ses amis, 3 heures de musique sur la scène de la Salle Pleyel. Et c'est bien son talent et non son âge que nous admirons.

Pour cet anniversaire (première partie, un second concert est prévu fin Janvier Salle Pleyel, et peut-être d'autres ailleurs !), le pianiste joue avec ses amis, dans un programme très varié de piano à quatre mains, lieders et quintettes. Son jeu est doux et beau, aérien et fleuri, il n y a plus rien à prouver, juste à vivre et transmettre un peu de bonheur.

Le concert "officiel" se termine sous les applaudissements, c'est alors qu'un des musiciens, le violoncelliste si ma mémoire est bonne, prend la parole pour annoncer que ses amis et lui vont jouer un quatuor de Debussy en cadeau à Menahem Pressler. Et il le fait asseoir face à eux et ils jouent. C'est beau, un peu aquatique comme toujours Debussy (!), le pianiste écoute, apparemment heureux mais on a le sentiment que, simple auditeur-spectateur, il ne sait que faire de ses mains. Et sitot la pièce terminée, il se met au piano en nous expliquant simplement d'un air gourmand : "I love to play".

Menahem Pressler fait partie de ces pieds de nez au destin. En 1939, il fuit l'Allemagne avec ses parents, échappant au sort tragique que connaitront ses grand-parents et des millions de juifs. En 1946 il gagne le prix Debussy à San Francisco et débute une carrière de pianiste. En 1955 il fonde le Beaux-Arts trio, dont il sera le pilier jusqu'en 2008. Et 74 ans après avoir échappé à l'horreur, il est toujours là, tellement plein de vie à partager.

Un moment rare, qui nous réconcilie un peu avec l'idée de vieillir.