jeudi 7 novembre 2013

Menahem Pressler & friends

Salle Pleyel, Paris

Fantaisie pour piano à quatre mains en fa mineur D940, Franz Schubert

Quintette pour piano et cordes en la majeur, Anton Dvorák

Der Lindenbaum, Frühlingstraum, Die Krähe, Der Leiermann, extraits du Winterreise, Franz Schubert

Quintette La Truite, Franz Schubert


Menahem Pressler, piano
Wu Han, piano
Christoph Prégardien, ténor
Quatuor Ébène
Benjamin Berlioz, contrebasse

http://www.sallepleyel.fr/francais/evenement.aspx?id=13295

Menahem Pressler s'apprête à fêter ses 90 ans, et il nous donne ce soir là, avec ses amis, 3 heures de musique sur la scène de la Salle Pleyel. Et c'est bien son talent et non son âge que nous admirons.

Pour cet anniversaire (première partie, un second concert est prévu fin Janvier Salle Pleyel, et peut-être d'autres ailleurs !), le pianiste joue avec ses amis, dans un programme très varié de piano à quatre mains, lieders et quintettes. Son jeu est doux et beau, aérien et fleuri, il n y a plus rien à prouver, juste à vivre et transmettre un peu de bonheur.

Le concert "officiel" se termine sous les applaudissements, c'est alors qu'un des musiciens, le violoncelliste si ma mémoire est bonne, prend la parole pour annoncer que ses amis et lui vont jouer un quatuor de Debussy en cadeau à Menahem Pressler. Et il le fait asseoir face à eux et ils jouent. C'est beau, un peu aquatique comme toujours Debussy (!), le pianiste écoute, apparemment heureux mais on a le sentiment que, simple auditeur-spectateur, il ne sait que faire de ses mains. Et sitot la pièce terminée, il se met au piano en nous expliquant simplement d'un air gourmand : "I love to play".

Menahem Pressler fait partie de ces pieds de nez au destin. En 1939, il fuit l'Allemagne avec ses parents, échappant au sort tragique que connaitront ses grand-parents et des millions de juifs. En 1946 il gagne le prix Debussy à San Francisco et débute une carrière de pianiste. En 1955 il fonde le Beaux-Arts trio, dont il sera le pilier jusqu'en 2008. Et 74 ans après avoir échappé à l'horreur, il est toujours là, tellement plein de vie à partager.

Un moment rare, qui nous réconcilie un peu avec l'idée de vieillir.
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