jeudi 20 février 2014

Le Villi

Théâtre des Champs-Élysées, Paris

Le Villi, Giacomo Puccini


Orchestre National de France
Choeur de Radio France
Luciano Acocella, direction
Ermonella Jaho, Anna
Thiago Arancam, Roberto
Angel Odena, Guglielmo
Marcello Scuderi, récitant

Le Villi est le premier opéra composé par Puccini, à l'âge de 25 ans.

Après La Fanciulla del West, voici donc une deuxième rareté de Puccini en moins d'un mois à Paris, nous avons de la chance. Qui sait, peut-être verrons nous Edgar et La Rondine l'année prochaine ?

J'adore écouter des premières oeuvres, elles ont souvent une forme de transparence, parfois de naïveté, on y entend à la fois des influences et l'annonce d'un futur. En écoutant Le Villi, mon oreille - ou mon imagination - s'est emballée, j'y ai assez naturellement retrouvé Wagner, Weber et Verdi, mais bizarrement aussi à quelques moments Tchaikovski et Elgar ! Et puis plein de petites touches, petites phrases, qui seront reprises, exploitées, développées dans les chefs d'oeuvre de Puccini qui suivront.

L'histoire semble sortir tout droit du romantisme allemand, avec la forêt et ces êtres incroyables que sont ces Villi qui viennent venger l'amour trahi. C'est tragique, c'est Butterfly avant l'heure, car ces Villi auraient bien pu s'occuper de Pinkerton...

L'Orchestre National de France, dont on annonçait encore le matin même qu'il serait probablement en grève, a finalement décidé de jouer et il le fait sans retenue, avec un plaisir de porter une oeuvre inhabituelle et si passionnée. Son chef invité du soir le conduit avec brio.
Les chanteurs, pas encore top vedettes, sont séduisants et vivent intensément cette improbable histoire. La version de concert très légèrement mise en scène met en valeur leur jeu et leurs expressions.

Un petit bémol : Thiago Arancam brandit fréquemment son poing fermé, c'est un geste de violence qu'il met certainement là pour accompagner la passion du livret et de la musique, mais cela crée comme une cassure avec le public, et on ressent une opposition entre la voix donnée à la salle et le corps refermé sur soi. Petit détail au coeur d'une représentation magnifique, mais Arancam pourrait être encore meilleur en modifiant sa gestuelle.

En conclusion, tout est bon dans Puccini, et nous retiendrons de ce soir les noms du brésilien Thiago Arancam et de l'albanaise Ermonela Jaho.


A lire sur le sujet :
http://www.concertclassic.com/article/le-villi-de-puccini-au-tce-le-genie-deja-fait-compte-rendu
http://espacelyrique.blogspot.fr/2014/02/le-villi-de-puccini-au-tce.html
http://www.asopera.fr/critique-le-villi-r377.htm

Enregistrer un commentaire