vendredi 28 novembre 2014

Tosca

Opéra Bastille, Paris

Tosca, Giacomo Puccini


Orchestre et choeur de l'Opéra National de Paris
Evelino Pido, direction
Pierre Audi, mise en scène
Oksana Dyka, Floria Tosca
Marco Berti, Mario Cavaradossi
Sergey Murzaev, Scarpia
Carlo Cigni, Cesare Angelotti
Eric Huchet, Spoletta
André Heyboer, Sciarrone
Francis Dudziak, Il Sagrestano

http://www.memopera.fr/FicheSpect.cfm?SpeCode=TOSC&SpeNum=10389

Tosca est certainement dans mon top5... Ah oui et quels seraient les 4 autres ? Au débotté je dirais Butterfly, Tristan, les Carmélites et la Flûte... et ajouterais volontiers le Ring et le Freischütz, et hop ça nous fait un top10 !

Quoiqu'il en soit, aussi hecatombesque que soit Tosca - les trois principaux protagonistes n'y survivent pas -, c'est une oeuvre superbe qui met en scène les grands moteurs du monde : art, amour, politique et religion.

Après la sobre et élégante mise en scène de Werner Schroeter, installée à l'Opéra Bastille pendant 20 ans, cette saison nous propose une nouvelle production, de Pierre Audi. C'est à la fois fidèle à l'oeuvre et inventif, ce qui n'est pas toujours facile avec un classique mille fois représenté. Au premier acte un bâtiment massif en forme de croix représente l'église. et le jeu se tient autour et sur cette structure. Au deuxième acte, on mélange un mobilier classique et un cadre de scène minimaliste formé de 2 demi-cercles concentriques délimitant un espace en partie caché, antichambre et salle d'interrogatoire. Le tout fonctionne parfaitement. Petit bémol au troisième acte : pas de Castel Sant'Angelo ni de saut dans le vide... mais la qualité du jeu d'acteur compense en partie cette frustation.

Oksana Dyka est une Tosca parfaite : passionnée, torturée, elle a un chant précis et nuancé, dont la puissance ne s'affiche pas inutilement. On frémit à son "Davanti a lui tremava tutta Roma" et espère au "Ecco un artista"...
Je dois avouer avoir eu un peu plus de mal avec Marco Berti au premier acte, son chant ne correspondant pas au Cavaradossi auquel mes oreilles sont habituées, je ne voyais plus Mario sur scène mais Marco, aux notes un peu trop tenues et sonores à  mon gout. Heureusement ces excès s'atténuent aux 2e et 3e actes et laissent la place aux nuances et à un couple mieux assorti vocalement.
Sergey Murzaev est quant à lui un Scarpia sombre et convaincant. Sa voix profonde me donne envie de l'entendre dans les duos bartyton-basse de Boccanegra.

Cette dernière représentation est sous la direction de Evelino Pido, qui dirige un Orchestre de Paris chaudement applaudi.

Souhaitons donc une longue vie à cette nouvelle Tosca... en ajoutant peut-être une petite trappe pour faire disparaitre Floria ?!