samedi 31 janvier 2015

Ariadne auf Naxos

Opéra Bastille, Paris

Ariadne auf Naxos - Richard Strauss


Orchestre de l'Opéra National de Paris
Michael Schonwandt, direction
Laurent Pelly, mise en scène
Der Haushofmeister - le majordome, Franz Grundheber
Der Musiklehrer - le maître de musique, Martin Gantner
Der Komponist - le compositeur, Sophie Koch
Der Tenor - le ténor - Bacchus, Klaus-Florian Vogt
Der Tanzmeister - le maître de ballet, Dietmar Kerschbaum
Der Perückenmacher - le perruquier, Piotr Kumon
Ein Offizier - un officier, Kevin Amiel
Ein Lakai - un laquais, Ugo Rabec
Zerbinetta - Zerbinette, Daniela Fally
Prima donna - Ariadne - Ariane, Karita Mattila
Naïade, Olga Seliverstova
Dryade, Agata Schmidt
Echo, Ruzan Mantashyan
Harlekin - Arlequin, Edwin Crossley-Mercer
Scaramuccio - Scaramouche, Oleksiv Palchikov
Truffaldino, Andriv Gnatiuk
Brighella, Cyrille Dubois

http://www.memopera.fr/FicheSpect.cfm?SpeCode=ARIA&SpeNum=10398

Ariane à Naxos est un magnifique OVNI. Après Elektra et le Chevalier à la rose, l'intensité post wagnérienne et la rondeur mozartienne, la voix fulgurante et la voix caressante, Ariane est un peu tout : théâtre et musique, drame et comédie, modernisme et classicisme, création unique et bouquet de références, explosion d'humour et d'émotion.

La mise es scène de Laurent Pelly, créée au Palais Garnier en 2003 trouve bien sa place à Bastille, ce qui n'est pas une évidence - rappelons nous le superbe Faust de Jorge Lavelli qui avait mal supporté la translation...
Transposition sans trahison, cette mise en scène rend limpide un argument complexe, au service de l'histoire et de la musique. La maison dans la neige du prologue évoque Strauss dans ses montagnes enneigées, Zerbinette et ses acolytes sont très convaincants en costumes de bain, Ariane en SDF me perturbe un instant, mais le chant et la musique prennent le dessus. Trois rôles superbes - Strauss est le compositeur des voix féminines -, trois incarnations exemplaires par Sophie Koch, Daniela Fally er Karita Mattila.
La finlandaise qui enchante Paris et le monde depuis 20 ans EST Ariane comme elle fut Arabella, Elsa et sera un jour Brünnhilde. Un mot aussi pour les 2 bandes, le trio d Ariane, aux airs aquatico-célestes, et le quatuor de Zerbinette, bouffon chantant. Tous les sept nous enchantent !
Il reste encore des représentations et des places, courez !

Salutations à la fin de la représentation d'Ariane à Naxos à l'Opéra Bastille Paris, au premier plan Karita Mattila

jeudi 29 janvier 2015

Jean-Frédéric Neuburger, Christoph von Dohnanyi, Orchestre de Paris

Philharmonie, Paris

Concerto pour piano n°4 - Ludwig van Beethoven

Symphonie n°9 du nouveau monde - Antonin Dvorak


Orchestre de Paris
Christoph von Dohnanyi, direction
Jean-Frédéric Neuburger, piano

Paris peut être fière de sa nouvelle salle de concert. La Philharmonie, que d'aucuns ont déjà abrégé en Philhar, diminutif qui fleure bon Paris, a tout pour plaire : du son et de la gueule !
Je l'avais "entendu" et ma première expérience confirme la rumeur : l'acoustique est remarquable. Bien sur il faudra essayer d'autres places, d'autres angles sonores, mais tout semble avoir été pensé !
Coté bâtiment c'est séduisant. A l'extérieur le niveau d'entrée donne sur une esplanade qui surplombe la Villette et offre une vue panoramique sur la Grande Halle, les lumières de Paris et le périphérique, une manière de montrer que même loin de l Ouest parisien c'est encore Paris. A l'intérieur c'est un peu comme dans un champignon, ou la maison des stroumphs, assez réussi, élégant, et bizarrement à la fois alambiqué par la multitude des formes et des matériaux et simple par la proximité de la scène et du public. Les sièges sont confortables et très silencieux, détail essentiel souvent négligé ! Petit bémol : tout est si blanc si clair que la salle reste très lumineuse pendant le concert, de sorte que le public n'est pas plongé dans cette pénombre traditionnelle des salles de spectacles, propice a la concentration.

Mais venons en au concert, un pur bonheur, avec d"abord le concerto pour piano n°4 de Beethoven, éternelle merveille. Le premier mouvement comporte des envolées belles à pleurer, chaque instant est un sommet de bonheur musical, ah Ludwig est décidément le génie célébré à juste titre par l'Association Beethoven France et Francophonie. Neuburger que je connaissais à peine se révèle un grand interprète, nous livrant des rivières de notes scintillantes précises et enthousiastes. Il nous donnera en bis une Kinderszene étonnante par son extrême nostalgie, démontrant s'il en était besoin que ces scènes d'enfants peuvent s'imaginer à l'infini.
L'orchestre de Paris a trouvé ses marques dans ce nouveau lieu et y donne comme toujours son meilleur. De mon premier balcon chaque instrument est très clair et parfaitement identifiable. Jamais je n'ai aussi bien entendu le basson, perle discrète de l'orchestre. Christophe von Dohnanyi dirige en deuxième partie avec son brio habituel une symphonie du nouveau monde predestinée à cette nouvelle salle. Le son prend corps sans résonner, la musique est tout.
Un seul regret : que l'ouverture de cette Philhar semble sonner le glas de la salle Pleyel, lieu mythique si bien rénové il y a quelques années et dont on aimerait qu'elle poursuive son activité musicale classique. Souvenez vous, aimez vous Brahms ?



samedi 3 janvier 2015

Concerto de año nuevo, Real Orchesta Sinfónica de Sevilla

Teatro de la Maestranza, Séville

El tambor de granaderos, Ruperto Chapí

De España vengo (El niño judo), Pablo Luna*

Mi tio se me figura (El rey que rabió), Ruperto Chapí*

España cañi, Pascual Marquina

Suspiros de España, Antonio Álvarez

El bateo, preludio, Federico Chueca

Zapateado (La tempranica), Gerónimo Giménez*

Carceleras (Las hijas del Zebedeo), Ruperto Chapí*

La boda de Luis Anlonso, Gerónimo Gimenez

Die Fledermaus - El murciélago, ouverture, Johann Strauss II

Canción a la luna (Rusalka), Antonin Dvorak*

Unter Donner und Blitz - Bajo truenos y relámpagos op.324, Johann Strauss II

Kaiser Walzer - Vals del Emperador op.437, Johann Strauss II

O mio babbino caro (Gianni Schicchi), Giacomo Puccini*

Quando me'n vo (La Bohème), Giacomo Puccini*

An der schönen blauen Donau - En el bello Danubio azul op.314, Johann Strauss II


Real Orquesta Sinfonica de Sevilla
Andrés Salado, direction
Raquel Lojendio, soprano*

https://www.teatrodelamaestranza.es/secciones/prog/prog_ficha.php?id=707#argum

Le Théâtre de la Mastranza est une salle de concert très sobre qui fut inaugurée en 1991. Une architecture basée sur des formes géométriques simples (cube, cercle) et un revêtement intérieur sans fioritures pourraient laisser supposer un espace un peu froid, alors qu'au contraire l'endroit est accueillant, probablement du fait de sa grande lisibilité et de la présence du bois. C'était probablement un choix délibéré de ne pas chercher à concurrencer l'exubérance et la richesse ornementale des haut-lieux sévillans, et c'est réussi, voire apaisant.

Ce concert du nouvel an de l'orchestre royal symphonique de Séville fait le choix d'un programme populaire alliant tradition espagnole, émotion lyrique et valses de Vienne, le tout avec un naturel évident. Si on ne connait pas forcément les compositeurs au programme (Chapí, Marquina, Álvarez, Chueca, Luna, Gimenez), on reconnait immédiatement certaines des musiques comme de grands classiques espagnols et repère dans les autres des éléments dont l'origine géographique ne fait pas de doute et qui parlent aux oreilles de chacun.

L'orchestre et son jeune chef Andrés Salado sont parfaits et ont visiblement plaisir à jouer, c'est un soir de fête et lors des rappels, le percussionniste remplacera quelques coups de timbale par des pêtards-fusées, aspergeant de paillettes la rangée de cornistes devant lui !

La soprano Raquel Lojendio, originaire de Tenerife, est à l'aise dans tous les registres. En première partie, très andalouse en robe rouge et châle noir, mi farouche mi provocante, elle interprète des airs espagnols endiablés tout comme la très jolie mélodie des Carceleras de Chapí. Place à l'émotion dans la seconde partie, avec un air de Rusalka puis le célèbre O mio babbino caro de Puccini, avant d'en quelque sorte boucler la boucle avec l'air de Musetta. Sa voix est belle, son timbre chaud, son chant précis et puissant, un nom à retenir et rechercher sur les scènes d'opéra.

On notera que la moyenne d'âge habituellement élevée des concerts classiques est tempérée par la présence de jeunes enfants particulièrement sages, et que tous semblent apprécier également la soirée, vive la musique !