jeudi 29 janvier 2015

Jean-Frédéric Neuburger, Christoph von Dohnanyi, Orchestre de Paris

Philharmonie, Paris

Concerto pour piano n°4 - Ludwig van Beethoven

Symphonie n°9 du nouveau monde - Antonin Dvorak


Orchestre de Paris
Christoph von Dohnanyi, direction
Jean-Frédéric Neuburger, piano

Paris peut être fière de sa nouvelle salle de concert. La Philharmonie, que d'aucuns ont déjà abrégé en Philhar, diminutif qui fleure bon Paris, a tout pour plaire : du son et de la gueule !
Je l'avais "entendu" et ma première expérience confirme la rumeur : l'acoustique est remarquable. Bien sur il faudra essayer d'autres places, d'autres angles sonores, mais tout semble avoir été pensé !
Coté bâtiment c'est séduisant. A l'extérieur le niveau d'entrée donne sur une esplanade qui surplombe la Villette et offre une vue panoramique sur la Grande Halle, les lumières de Paris et le périphérique, une manière de montrer que même loin de l Ouest parisien c'est encore Paris. A l'intérieur c'est un peu comme dans un champignon, ou la maison des stroumphs, assez réussi, élégant, et bizarrement à la fois alambiqué par la multitude des formes et des matériaux et simple par la proximité de la scène et du public. Les sièges sont confortables et très silencieux, détail essentiel souvent négligé ! Petit bémol : tout est si blanc si clair que la salle reste très lumineuse pendant le concert, de sorte que le public n'est pas plongé dans cette pénombre traditionnelle des salles de spectacles, propice a la concentration.

Mais venons en au concert, un pur bonheur, avec d"abord le concerto pour piano n°4 de Beethoven, éternelle merveille. Le premier mouvement comporte des envolées belles à pleurer, chaque instant est un sommet de bonheur musical, ah Ludwig est décidément le génie célébré à juste titre par l'Association Beethoven France et Francophonie. Neuburger que je connaissais à peine se révèle un grand interprète, nous livrant des rivières de notes scintillantes précises et enthousiastes. Il nous donnera en bis une Kinderszene étonnante par son extrême nostalgie, démontrant s'il en était besoin que ces scènes d'enfants peuvent s'imaginer à l'infini.
L'orchestre de Paris a trouvé ses marques dans ce nouveau lieu et y donne comme toujours son meilleur. De mon premier balcon chaque instrument est très clair et parfaitement identifiable. Jamais je n'ai aussi bien entendu le basson, perle discrète de l'orchestre. Christophe von Dohnanyi dirige en deuxième partie avec son brio habituel une symphonie du nouveau monde predestinée à cette nouvelle salle. Le son prend corps sans résonner, la musique est tout.
Un seul regret : que l'ouverture de cette Philhar semble sonner le glas de la salle Pleyel, lieu mythique si bien rénové il y a quelques années et dont on aimerait qu'elle poursuive son activité musicale classique. Souvenez vous, aimez vous Brahms ?



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